Depuis près de vingt ans et sous l’initiative de la Commission, les plans de relance dithyrambiques se suivent dans l’Union Européenne. Relance face à la crise des subprimes sous José Manuel Barroso, relance face à la crise de la dette sous Jean-Claude Juncker, relance face à la crise du COVID-19 sous Ursula von der Leyen. Cette dernière crise n’est pas tout à fait épongée que, déjà, la Commission table sur une nouvelle relance avec son projet de budget pour le prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034. Le 16 juillet 2025, la Commission présentait un projet de près de 2.000 milliards d’euros ou, entre 2028 et 2034, 1,26% du Produit National Brut de l’UE, si on émet l’hypothèse d’une UE en tant qu’État-nation ayant son propre PNB. Or à 1,26%, les autorités du Berlaymont dépasseraient le plafond de 1% du PNB. Les critiques ne devraient pas manquer de se faire entendre entre États membres et institutions, et au sein des institutions elles-mêmes: Commission, Conseil et Parlement. La nouvelle allocation des fonds européens prévue par ce projet devrait aussi être âprement discutée. La Commission envisagerait la création d’un méga-fonds européen, qui regrouperait en un seul fonds commun les différents fonds structurels actuels. Chacun des États membres recevrait une partie de ce fonds, en fonction de plans nationaux et régionaux encore à négocier. Au grand dam des fédéralistes, répartition, direction et gestion du fonds seraient en grande partie déléguées aux différentes autorités nationales. Parmi les arguments en faveur de ce changement figurent le regroupement des procédures, l’intégration des programmes, l’optimisation des projets et la simplification administrative. Mais ce tournant vers plus de subsidiarité comporte des risques. On peut s’attendre à une gestion variable des différents plans nationaux et régionaux, selon qu’il s’agit des États frugaux ou des États dépensiers. De même, la réallocation des fonds régionaux via les États et non plus via la Commission pourrait faire des mécontents. Enfin, la négociation du montant des 27 plans nationaux et régionaux s’annonce complexe. Le tout survenant sur fonds d’accords commerciaux internationaux ardus, comme on l’a vu le 27 juillet entre l’UE et les États-Unis. Dans sa perpétuelle valse-hésitation entre plus de fédéralisme ou plus de souverainisme, l’Europe s’agrandit par la quantité de ses membres, mais pas par la qualité de son éventuel État.
«Goldorak: Mégamach!»
Daniel Gall (voix), Goldorak
L’exigence américaine d’une augmentation du budget de la défense à 5% du PNB pour chaque État membre de l’OTAN met l’UE au pied du mur: pour atteindre cet objectif, il faudra faire des coupes ailleurs.
How big is great again?
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