LA Ve RÉPUBLIQUE
SOUS LE 2e QUINQUENNAT

France-UE_eurobole.comLa crise politique française, démarrée en 2024 suite aux élections européennes du 9 juin, n’en finit pas en 2025: après Gabriel Attal, après Michel Barnier, après François Bayrou, c’est Sébastien Lecornu qui est confronté à «l’enfer de Matignon». Bayrou ayant démissionné le 9 septembre, Lecornu I avait à peine formé son gouvernement le 5 octobre qu’il démissionnait le lendemain. La démission étant négociée par le président Emmanuel Macron, voilà le gouvernement Lecornu II annoncé le 10 octobre et présenté le 13. Le poste de Lecornu comme premier ministre ne tient qu’à un fil. L’Assemblée nationale ayant voté la motion de censure parlementaire contre Barnier, puis rejeté le vote de confiance demandé par Bayrou, Lecornu est à son tour menacé par la censure. À chaque fois, c’est la question du budget qui marque le point de désaccord. Un désaccord tel qu’il dépasse le clivage gauche-droite. Ainsi, le premier gouvernement Lecornu de centre-droit n’a pas survécu aux dissensions dans son propre camp, et a été lâché par ses alliés de droite des Républicains. Lecornu I n’a duré que quatorze heures de gouvernement, record battu non seulement dans l’histoire de la Ve République, mais dans toute l’histoire de la République française. Lecornu II ressemble à un canot de sauvetage, avec un équipage resserré autour du camp présidentiel, secondé par des membres de la société civile. Les ingrédients semblent réunis pour une grande pagaille dans le village gaulois, chaque groupe parlementaire voulant tirer la couverture à soi dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. Celle qui doit clore le 2e quinquennat de Macron et lui désigner un successeur. Mais avant cette échéance, il y a le vote fatidique du budget à l’Assemblée. Ce même budget qui a fait chuter Barnier puis Bayrou, et pour lequel Lecornu a été invité par Macron à faire le forceps afin d’accoucher d’un accord d’ici au 31 décembre. Or les antagonismes sont tels que la deuxième économie européenne pourrait devoir retourner aux urnes d’ici là. Pour compliquer encore plus le tableau?

«Il y avait, les démocrates-chrétiens, le MRP, il y avait le Parti Communiste et il y avait le Parti Socialiste, ces trois grands partis, mais à seuls ils ne faisaient pas la majorité absolue. Et donc il fallait des petits partis qui fassent l’appoint pour qu’il y ait un gouvernement. C’est d’ailleurs la raison de l’instabilité gouvernementale, sous la Quatrième République, qui était ce multipartisme et cette impossibilité d’appuyer un gouvernement sur une majorité cohérente.»

Jean-Louis Debré – 6 avril 2011

La Ve République, modèle constitutionnel vanté dans un proche passé pour sa stabilité, ressemble de nos jours à son aînée, l’instable IVe. À moins qu’Emmanuel Macron ait un énième tour dans son sac?

VIe République ou… 3e quinquennat?

[…]

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