Le 11 juin 2025 la Chine et les États-Unis annonçaient avoir conclu un accord cadre sur les tarifs douaniers entre les deux pays. Après avoir taxé les importations chinoises à 145% en avril puis à 30% en mai, Washington passe à 55% en juin. Pékin taxe de son côté les importations américaines à 10%. En plus de ce compromis la Chine s’engage à vendre des métaux et des terres rares aux États-Unis, et les États-Unis s’engagent à continuer de recevoir des étudiants chinois sur leur sol. La formule «accord cadre» sous-entend que ce deal doit être approuvé par les deux présidents, Xi Jinping pour la Chine et Donald Trump pour les États-Unis. Autrement dit les deux leaders gardent le dernier mot tant que dure l’accord. De plus, l’accord inclut une clause de sauvegarde voulue par la Chine: toutes les licences prévues dans l’accord durent six mois. La Chine se protège ainsi doublement: elle évite un changement américain de pourcentage tous les mois, et elle garantit un écoulement de produits vers les États-Unis jusqu’à la fin de l’année. Mais Pékin maintient aussi l’alternative européenne pour ses exportations en cas de nouvelle brouille avec Washington. Au jeu du partenariat à trois avec Pékin, les mass-médias vantent tantôt l’ascendant de Washington sur Bruxelles, tantôt celui de Bruxelles sur Washington, selon la perspective adoptée. En réalité c’est Pékin qui peut jouer sur les deux tableaux, comme on devrait le voir lors du prochain sommet Union Européenne – Chine en juillet prochain. Ce sommet, convenu entre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le premier ministre chinois Li Qiang, doit permettre de coordonner le surplus d’importations chinoises vers l’Europe suite aux tarifs américains. En sens inverse, les Européens espèrent exporter plus facilement leur acier, inclus notamment dans leurs voitures thermiques et électriques, vers la Chine, alors que les États-Unis ont réduit leur importation d’acier. Pékin devient donc le partenaire incontournable autant pour les Européens que pour les Américains. Mais pour faire tourner les moteurs il faut du pétrole, de l’uranium, bref de l’énergie. Et c’est sur ces entrefaites qu’ont repris, dans la nuit du 12 au 13 juin, les échanges de tirs à distance entre Israël et l’Iran, après leur interruption en 2024. La hausse des prix de l’énergie a été immédiate et elle complique encore plus le tableau. L’Iran est, comme la Russie, soumis aux sanctions occidentales, or les deux pays ont besoin d’exporter leurs hydrocarbures. Dès le début de ce nouveau conflit, le président russe Vladimir Poutine a proposé de servir de médiateur entre Israël et l’Iran, ce qui permettrait à Moscou de revenir sur la scène diplomatique internationale. Trump a accueilli favorablement cette possible médiation, ce qui permettrait à Washington de commercer à nouveau avec Moscou. Mais entretemps, les hydrocarbures iraniens et russes sont devenus des pièces maîtresses de l’expansion chinoise, à la faveur des sanctions occidentales.
«Dans les conférences de cadres, il ne s’agit plus de travailler, mais de parler sur le travail.»
René de Obaldia
Quelle serait la position de la Chine dans le conflit israélo-iranien si celui-ci devait devenir une guerre ouverte et, dès lors, quelles conséquences ce positionnement aurait-il sur le commerce international?
Un recadrage plus que commercial?
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