En annonçant le 30 janvier 2026 qu’il limogeait Jerome Powell, président du conseil des gouverneurs de la Réserve Fédérale américaine, Donald Trump pensait avoir les coudées franches. Son objectif déclaré était de nommer à la tête de la Fed son protégé Kevin Warsh en remplacement de Powell, sans attendre la fin du mandat de ce dernier en mai. Trump aurait remplacé le président de la banque centrale américaine, défavorable à une baisse des taux d’intérêt, par un successeur qui lui y est favorable. Tout comme Trump. Le président américain aurait aussi réglé ses comptes avec Powell, coupable d’un désaccord durable ayant, selon le locataire de la Maison-Blanche, fait baisser la croissance américaine. Mais le limogeage annoncé fin janvier ayant entraîné des tremblements boursiers et l’accélération de la chute d’un dollar déjà en berne, le président américain devra prendre son mal en patience, Powell restant à son poste. En attendant, ce que cette querelle d’egos dit de la situation politique américaine n’est pas rassurant pour l’économie américaine. Le dollar US, qui ne s’échange qu’à 1$20 pour 1€, baisse également face à toutes les autres grandes monnaies. Certes un billet vert faible favorise les exportations américaines, mais il favorise aussi l’inflation, les importations coûtant plus cher. Ce qui non seulement ralentirait la baisse des taux, mais pourrait même les faire monter. La dette US, qui dépasse les 39.000 milliards de dollars à la mi-février 2026 (133,88% du Produit Intérieur Brut), pourrait devenir ingérable en cas de surchauffe des taux. Un dollar devenant alors encore plus faible entraînerait une dette américaine encore moins attractive pour ses créditeurs. Les intérêts de la dette US, qui dépassent les 1.172 milliards de dollars, atteindraient quant à eux des niveaux pouvant provoquer le défaut de paiement. Faut-il monter ou baisser les taux d’intérêt? L’Amérique est face à un dilemme qu’elle n’est pas prête de pouvoir résoudre.
“In recent weeks, the speculators have been waging an all-out war on the American dollar. The strength of a nation’s currency is based on the strength of that nation’s economy, and the American economy is by far the strongest in the world. Accordingly, I have directed the Secretary of the Treasury to take the action necessary to defend the dollar against the speculators.”
Richard Nixon, 15 August 1971
«Dans les dernières semaines, les spéculateurs ont mené une guerre totale contre le dollar américain. La force de la monnaie d’un pays est basée sur la force de son économie, et l’économie américaine est de loin la plus forte du monde. En conséquence, j’ai demandé au Secrétaire au Trésor de prendre les mesures nécessaires pour défendre le dollar contre les spéculateurs.»
Richard Nixon, 15 août 1971
Donald Trump semble prêt à utiliser la faiblesse du dollar pour en faire un outil politique à sa guise. Est-ce possible sans fragiliser la monnaie et aggraver la dette? Rares sont ceux qui semblent y croire.
Le précédent de la fin de l’étalon-or
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