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UNE GUERRE D’IRAN OÙ LES QUATRE SEMAINES DE L’UN NE SONT PAS LE MOIS DE L’AUTRE

USA-UE_eurobole.comLe 28 février 2026 les États-Unis déclenchaient, conjointement avec Israël, la guerre d’Iran. Le lendemain 1er mars, Donald Trump prévoyait une campagne militaire longue de quatre semaines. À l’issue de la quatrième semaine de combats, on se demande si les Américains font, comme beaucoup d’Européens, des farces de poisson d’avril. Alors que Trump clame que la guerre est gagnée et que des négociations sont en cours, c’est un autre son de cloche du haut des minarets iraniens. Pour l’Iran la guerre continue, avec les moyens dont il dispose. Si la domination des forces aériennes américano-israéliennes est évidente dans le haut du ciel iranien, Téhéran y répond néanmoins à plus basse altitude de deux façons: par de nombreux drones Shahed à prix réduit lancés vaille que vaille, et par quelques coûteux missiles hypersoniques plus précis pouvant passer hors des radars ennemis. Au point de jouer à l’apocalypse. Ainsi le 21 mars, après que les États-Unis eussent lancé des bombes bunker buster sur une usine d’enrichissement d’uranium située dans la ville iranienne de Natanz, l’Iran ripostait par un tir de missile sur la ville israélienne de Dimona abritant un centre de recherche nucléaire. Mais tandis que les cibles militaires peuvent être précises, les buts de guerre semblent confus. Si l’Amérique voulait asseoir sa domination sur tout le Moyen-Orient, Iran compris, n’aurait-elle pas dû s’y prendre autrement? En un mois de guerre, le détroit d’Ormuz, par où transitent 30% du commerce mondial de pétrole, a été totalement verrouillé par l’Iran, qui ne laisse passer les bateaux qu’au compte-gouttes; tant en Iran que dans les monarchies du Golfe persique, plus de quarante sites énergétiques majeurs ont été frappés, endommagés ou détruits; à travers le monde, les conséquences économiques sont énormes, avec des envolées historiques des prix du gaz et du pétrole, et des perturbations conséquentes dans tous les secteurs d’activité. Souvent prudente et parfois même cauteleuse dans ses prévisions, l’Agence Internationale de l’Énergie n’en décrit pas moins cette guerre comme étant le plus grand défi de sécurité énergétique de l’histoire. Tout cela a déjà eu une conséquence surprenante. Le 13 mars et pour une durée d’un mois, Washington a suspendu une de ses sanctions contre le pétrole russe. Afin de réduire autant que faire se peut la hausse des prix généralisée en Amérique, Scott Bessent autorisait exceptionnellement l’achat d’une partie particulière de l’or noir provenant de Russie, celle se trouvant embarquée en quête d’acheteurs à bord de pétroliers battant divers pavillons. Enfin, le 27 mars, Marco Rubio annonçait de son côté son propre calendrier. Selon lui, deux semaines supplémentaires seraient nécessaires aux quatre semaines initiales pour mettre un terme au conflit, sans envoyer de troupes au sol. Même sans faire de voyage spatio-temporel, la notion américaine du temps peut être relative: la date limite de quatre semaines du président n’est pas l’exception d’un mois de son secrétaire au Trésor, ni l’échéance d’un mois et demi de son secrétaire au département d’État. Et en Europe, quel temps fait-il?

«Oh, les mecs! Et moi, j’peux m’brosser? … Faites gaffe les infidèles! J’peux prendre des sanctions!»

Charles Gérard, Pétrole! Pétrole!

Le 18 mars, le hub gazier qatari de Ras Laffan était frappé par l’Iran. Problème pour l’Union Européenne: depuis ses sanctions contre la Russie, le Qatar est devenu son principal exportateur de gaz naturel.

Moins de molécules de gaz
et pour un prix plus élevé:
vers une pénurie dans l’UE?

[…]

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