Les élections législatives russes des 18, 19 et 20 septembre ont vu Russie Unie remporter 57% des voix à la Douma, la Chambre basse du parlement russe. Le parti au pouvoir a gagné depuis sa fondation en 2001 toutes les élections majeures, tant présidentielles que parlementaires. Sa victoire n’est une surprise pour personne et ses siloviki, ses hommes forts, sont renforcés par le scrutin de septembre. Le ton en avait été donné par le slogan de la campagne électorale: «твой голос – сила россии», «ton vote – force de la Russie». Ce qui peut surprendre c’est l’ampleur du résultat après quatre ans et demi de guerre russo-ukrainienne: Russie Unie dispose d’une majorité absolue inédite de plus de quatre cinquièmes des 450 sièges de la Douma. Pour une majorité de l’électorat russe – le taux de participation était de près de 60% des inscrits – il s’agissait avant tout de serrer les rangs en période de guerre. Le résultat en sièges est Russie Unie: 349 – Parti Communiste: 37 – Parti Libéral-Démocrate: 23 – Nouvelles Personnes: 19 – Russie Juste: 17 – Rodina: 1 – candidats indépendants: 4. La guerre continue donc et, sans surprise, les sanctions occidentales aussi. Le 18 septembre, le président américain Donald Trump signait la loi Lindsey O. Graham sanctionnant la Russie et l’Iran. Une loi qui permet notamment de taxer le top cinq des pays achetant du pétrole russe en contournant les sanctions occidentales. Quels sont ces pays? La loi ne le dit pas, l’administration Trump ayant un délai de trente jours, soit jusqu’au 18 octobre, pour publier si elle le souhaite la liste de ces pays. On sait cependant qu’en tête du hit parade figurent la Chine et l’Inde. Le vote de la loi préalable à sa signature a bénéficié d’un soutien bipartisan, au Sénat comme à la Chambre. Mais surprise, le chef du groupe démocrate à la Chambre s’y est opposé. Hakeem Jeffries estime que d’une part, cette loi comporte tellement de failles que ses sanctions contre la Russie pourraient ne pas être appliquées, et que d’autre part, elle pourrait donner à Trump une autorité totale pour imposer des tarifs au peuple américain. Entretemps les budgets de défense des deux belligérants ont augmenté en 2026. S’il est impossible de savoir ce qu’il en est exactement du budget militaire russe, le Financial Times annonce néanmoins – dans un article privé – un dépassement de 28 milliards de dollars en 2026, d’après une note du ministère russe des Finances que le FT aurait consulté. S’il est impossible de savoir ce qu’il en est exactement du budget militaire ukrainien, TASS annonce néanmoins – dans un article public – un dépassement de 27 milliards de dollars en 2026, d’après un message du Premier ministre ukrainien Serhiï Koretsky. Selon Reuters, Moscou consacrera un budget de 202,58 milliards de dollars à la défense en 2027, le montant le plus élevé consacré au conflit depuis 2022. Selon Xinhua, Kiev consacrera un budget de 175 milliards de dollars à la défense en 2027, avec 100 milliards à prélever sur ses finances nationales et 75 milliards à obtenir de ses alliés. Surprise: c’est 30% de plus que les 52,6 milliards de dollars supplémentaires demandés jusque là. De son côté, l’Union Européenne s’était engagée en décembre 2025 à prêter 90 milliards d’euros à Kiev pour 2026 et 2027. Un fond dont l’UE peine à honorer les échéances, et qui pourrait de toute façon ne pas suffire. Certains remettent dès lors sur la table l’épineuse question de la saisie, en faveur de l’Ukraine, de 210 milliards d’euros en avoirs russes gelés sur le territoire européen, et dont l’essentiel est en dépôt auprès de la société dépositaire de titres Euroclear à Bruxelles.
«И много других подобных дум проходило в уме моем; я их не удерживал, потому что не люблю останавливаться на какой-нибудь отвлеченной мысли. И к чему это ведет?…»
Михаил Лермонтов, Герой нашего времени
«Et beaucoup d’autres pensées semblables passaient dans mon esprit; moi je ne les retenais pas, parce que je n’aime pas m’arrêter sur une quelconque idée abstraite. Et à quoi cela mène-t-il?…»
Mikhaïl Lermontov, Un héros de notre temps
Si Bruxelles saisit les avoirs russes, c’est la Belgique qui risquerait des poursuites judiciaires venant du Kremlin. Si Brussels effectue cette saisie, c’est l’UE qui s’exposerait à ce risque.
Un rapport de force Russie-UE en droit international concernant les avoirs gelés pourrait-il être une des portes de sortie de ce conflit?
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