LA GUERRE DES 110 JOURS: LES GAGNANTS ET LES PERDANTS

USA-UE_eurobole.comEst-ce la paix dans le Golfe persique? Le protocole d’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran devait être signé à Genève (Suisse) le 19 juin 2026, après le sommet du G7 à Évian (France) du 15 au 17 juin. Une double contrainte, celle de marchés boursiers mis sous pression par une guerre coûteuse et à perte pour les États-Unis, et celle de sondages US aux résultats catastrophiques pour les républicains en vue des élections de mi-mandat, en a décidé autrement. C’est donc le 17 juin, au 110ème jour de guerre, que le protocole a été doublement signé: à Versailles par le président américain Donald Trump, à Téhéran par son homologue iranien Massoud Pezechkian. Ce protocole doit valider 60 jours d’un cessez-le-feu qui doit à son tour entériner la fin du conflit. Mais après les multiples annonces d’accord par Trump suivies d’aussi multiples volte-faces, ce protocole est doublement critiqué:
– Du côté de l’Amérique, les démocrates et de nombreux républicains parlent de capitulation américaine: non seulement le pouvoir iranien n’est pas tombé à l’issue de 110 jours de guerre contre la première puissance mondiale mais, qui plus est, la république islamique paraît imposer ses conditions et son calendrier pour la conclusion finale de l’accord en août.
– Du côté d’Israël, cobelligérant des États-Unis dans cette guerre, l’État hébreu est contraint à accepter un accord qui ne le satisfait pas, et à mettre fin à ses opérations militaires au Liban, patrie du Hezbollah, allié de l’Iran.
Néanmoins, ce protocole est capital dans le rapport de force géopolitique mondial. Récapitulons ses 14 points, dont nous analyserons ensuite les conséquences globales en détail.
1. Les États-Unis et l’Iran, ainsi que leurs alliés dans la guerre, déclarent la cessation des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban. L’accord final confirmera la cessation de la guerre sur tous les fronts, ainsi que les autres dispositions du protocole d’accord.
2. États-Unis et Iran s’engagent à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’autre et à s’abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures de l’autre.
3. États-Unis et Iran s’engagent à négocier et à conclure l’accord final dans un délai de 60 jours, extensible d’un commun accord.
4. Dès la signature du protocole, les États-Unis commenceront à lever leur blocus naval visant l’Iran. Ils mettront fin à ce blocus dans un délai de 30 jours. Pendant cette période, le trafic des navires dans le détroit d’Ormuz sera proportionnel au volume de trafic d’avant-guerre. Les États-Unis s’engagent à retirer leurs forces des abords de l’Iran dans les 30 jours suivant l’accord final.
5. L’Iran doit assurer la sécurité du passage des navires commerciaux dans le détroit, sans frais pendant 60 jours. Le trafic desdits navires commence immédiatement et doit être rétabli dans un délai de 30 jours. L’Iran engage un dialogue avec Oman afin de définir l’administration et les services maritimes dans le détroit, en concertation avec les autres États du Golfe persique.
6. Les États-Unis s’engagent à élaborer un plan d’un montant d’au moins 300 milliards de dollars destiné à la reconstruction et au développement de l’Iran.
7. Les États-Unis s’engagent à mettre fin à toutes les sanctions contre l’Iran selon un calendrier qui sera convenu dans l’accord final.
8. L’Iran réaffirme qu’il ne se procurera ni ne développera d’armes nucléaires. États-Unis et Iran s’accordent pour régler en Iran le sort des matières enrichies accumulées via un mécanisme à convenir mutuellement, selon une méthode de dilution sur place sous supervision de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique. Les deux parties doivent en outre discuter des besoins nucléaires civils iraniens.
9. Dans l’attente de l’accord final, États-Unis et Iran maintiennent chacun un statu quo: celui de l’absence de toute nouvelle sanction et du non déploiement de forces supplémentaires dans la région pour les États-Unis, et celui de son actuel programme nucléaire pour l’Iran.
10. Le département du Trésor américain délivrera des dérogations pour l’exportation de pétrole brut iranien, pour des produits pétroliers et dérivés, et pour tous les services associés.
11. Les États-Unis s’engagent à rendre disponibles et utilisables les fonds et avoirs iraniens gelés ou soumis à des restrictions, ainsi qu’à délivrer toutes les licences et autorisations y étant nécessaires.
12. Un mécanisme d’exécution sera établi pour surveiller la mise en œuvre du protocole, ainsi que le respect de l’accord final.
13. Après la signature du protocole et sous réserve de la mise en œuvre de ses paragraphes 1, 4, 5, 10 et 11, États-Unis et Iran entameront des négociations relatives à l’accord final exclusivement sur les autres paragraphes.
14. L’accord final devra être entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies.

«-Kissinger!
-Le Duc Tho!»

Henri Salvador, Kissinger – Le Duc Tho

Les États-Unis se détournent militairement parlant de l’Iran. L’Occident redouble d’intérêt pour un autre conflit, celui d’Ukraine. Faut-il s’attendre à une intensification des hostilités sur ce terrain-là?

Conséquences des 14 points du protocole d’accord aux États-Unis, en Iran, et au-delà

[…]

Pour lire la suite veuillez faire un don.

© eurobole.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.